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Dr. Maurice MOREAUX
14 rue Ahamed Aggoun
19.000 - Sétif - Algérie
Tél-fax 00 213 5 93 73 19 |
Sétif, le 16 12.99 |
à
Mesdames et messieurs
Les membres du Bureau de Conseil de l'Ordre
Des médecins du département de la Savoie
Chères consurs, chers confrères,
Ayant pris connaissance de la lettre que votre président,
Monsieur le Docteur BAVEREL, m'a adressée, en votre nom, le 5 Novembre
dernier, j'ai le plaisir de vous confirmer que j'approuve pleinement votre position
sur un point : " Il y a lieu d'attendre sereinement que la justice se prononce
". C'est bien ce que je vous écrivais dans ma lettre du 26 Septembre
: " c'est à la justice de dire s'il y a délit ",
avant, donc, d'avoir reçu votre conseil impératif (" vous
devez comprendre ").
1.- Concernant le côté 'juridique' de notre correspondance, je
reconnais mon erreur. N'ayant jamais eu affaire à la justice - personnellement
pour cause de responsabilité comme celle de votre Bureau - je croyais
que ne pouvaient être constituées partie civile que des personnalités,
physiques ou morales, se plaignant d'avoir été lésées.
Je reconnais donc qu'au lieu d'écrire 'le Tribunal
doit juger
sur plainte déposée par le président du Conseil de l'Ordre',
il aurait fallu écrire 'le Tribunal
doit juger
avec, comme
partie civile, le Conseil de l'Ordre, représenté par son président
'
Ce point de détail étant le seul " élément
de fait totalement contraire à la vérité " que vous
me contestez (avec raison, je l'admets), vous conviendrez qu'il ne constitue
pas une " contrevérité primaire " susceptible de "
tromper l'opinion publique " sur le fond, comme vous m'en prêtez
l'intention. D'ailleurs, ma lettre ne s'adressait pas à l'opinion publique.
Elle s'adressait aux confrères de Savoie. Son objet me semblait clair
: c'était de vous suggérer d'initier un travail scientifique sur
les thèses du Dr HAMER : " Avec des confrères (algériens)
ayant eu connaissance des travaux du Dr. HAMER,
mais ne disposant pas,
ici, des moyens techniques nécessaires pour vérifier ces hypothèses,
nous faisions confiance aux chercheurs européens
Nous sommes étonnés
que le Conseil de l'Ordre n'ait entrepris, pour tout travail scientifique sur
le sujet, que des poursuites judiciaires ! " Je ne vois toujours pas en
quoi votre rôle de partie civile non plaignante pourrait tenir lieu de
travail scientifique.
2.- Il est donc clair que ma lettre n'avait pas " pour but ", de
nourrir ce débat par des attaques personnelles ou des " contrevérités
primaires ". J'ai voulu, au contraire, vous dire notre étonnement
que vous n'ayez initié aucun débat scientifique. Je suis heureux
que la loi permette d'exprimer librement les opinions, en France et en Algérie,
" mais en revanche ", je pense que des scientifiques ne peuvent se
donner le " droit de prendre parti " pour ou contre des thèses
d'un confrère, tout en refusant de les étudier sérieusement.
Cette réserve me semble encore plus impérative pour des médecins
puisqu'il s'agit de la santé et de la vie des patients qui leur font
confiance. C'est pour cette raison que je ne me suis pas reconnu le " droit
de prendre parti en faveur des thèses exposées par Monsieur HAMER
", même en sachant que de nombreux malades se sont estimés
" améliorés " ou même guéris par les soins
du Dr HAMER ou les conseils de Mme Sixt. Je me suis contenté de souligner
l'une de ses insistances, qu'aucun médecin ne conteste (même s'il
nous arrive trop souvent de l'oublier) : l'influence des aspects psychoaffectifs
et neurovégétatifs sur l'évolution de la maladie et sur
les possibilités de sa guérison. J'espère, maintenant,
que les confrères de Savoie qui se sont dits intéressés
par ma suggestion pourront contribuer, avec les chercheurs allemands, italiens,
et slovaques, à vérifier les thèses du Dr HAMER concernant
l'influence de ces aspects psychoaffectifs et neurovégétatifs
sur le déclenchement de la maladie et concernant la perturbation cérébrale
-relais. Ce travail de vérification pourrait nous donner de nouveaux
moyens de diagnostic et d'accompagnement de nos malades.
Ainsi, votre lettre montre, certes, notre accord sur la nécessité
d'une justice sereine et indépendante (par rapport aux pouvoirs politiques
et financiers), mais elle ne répond rien à ma suggestion de travail
scientifique.
3.- Pour ce qui est de vos autres observations, il me semble qu'elles relèvent
d'erreurs de compréhension, donc, sûrement, d'une rédaction
obscure de ma part ou d'une lecture trop rapide de votre part, puisque mon respect
pour votre Institution, pour les femmes et les hommes qui la représentent,
m'interdit de mettre en doute votre bonne foi.
| a) |
Ma conclusion questionnait : " M. Le Président du Conseil
de l'Ordre a-t-il décidé seul
ou bien après avis
d'autres membres du Conseil ? ". Et vous m'écrivez : "
vous n'hésitez pas à soutenir l'initiative de ce procès
proviendrait d'une démarche personnelle du Président
". |
| b) |
N'ayant retrouvé dans ma lettre de 5 pages, aucun propos qui prenne
la liberté d'attaquer personnellement le représentant de l'Ordre
des Médecins, je compte sur votre loyauté pour reconnaître
que je n'ai contrevenu en rien " aux rapports de bonne confraternité
". |
| c) |
N'étant en conflit avec aucun d'entre vous, je n'éprouvais
nul besoin d'apaisement,
mais je suis heureux de constater ce "
souci d'apaisement " de votre côté. |
En conclusion, je me permets encore deux questions :
- à chacun de vous, comme à moi, en conscience : ne nous arrive-t-il
jamais, de percevoir comme une négligence, le fait de refuser un travail
de recherche dont les résultats pourraient être importants pour
la santé de nos malades, cancéreux ou autres ? N'est-ce pas une
grave négligence de ne pas avoir entrepris un travail de recherche pour
confirmer ou infirmer les thèse du Dr HAMER ?
- en tant que membres du Bureau du Conseil de l'Ordre, ne craignez-vous pas
qu'un jour, des familles de malades ne se constituent partie civile contre le
Conseil de l'Ordre ? Ne pourraient-elles pas vous reprocher de vous être
opposés à ce que d'autres personnes -dont vous ne reconnaissez
pas la compétence- portent assistance à des malades en danger,
par des moyens que vous voulez ignorer ? C'est cette crainte qu'exprimait la
dernière phrase de ma lettre aux confrères de la Savoie. Je n'ai
pas soutenu, ni sous-entendu, qu'une démarche de votre président,
qu'elle soit personnelle ou concertée, pourrait " laisser place
au délit de 'non assistance à personne en danger' ". C'est
plutôt l'absence de démarche pour initier un travail de recherche
qui pourrait laisser place à un problème de conscience et de justice.
Le présent courrier est adressé au Professeur GLORION, Président
du Conseil National de l'Ordre des Médecins, et au Docteur CAILLAT, Président
du Conseil Régional de l'Ordre des Médecins Rhône-Alpes.
Je vous fais confiance pour le transmettre également à tous les
confrères à qui vous avez adressé votre courrier du 5 novembre,
ainsi qu'à tous ceux qui demanderaient des précisions quant à
mon courrier du 26 Septembre.
Veuillez croire, chers consurs et confrères, à l'assurance
de ma loyauté.
Meilleurs vux de courage et de succès dans le service de vos malades,
tout au long de l'an 2000
et après !
Maurice MOREAUX
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